LE COMMUNAUTAIRE

C'est bien beau être un organisme communautaire, mais n'est pas organisme communautaire qui veut! Derrière ce concept, cette appellation, se cachent une foule de principes, une histoire, un mouvement, des acteurs, des préoccupations, etc. qui ont amenés pleins de changements sociaux, qui ont remis en question nombre de croyances et de manières d'agir, qui ont bousculé les valeurs et amené bien des gens à se questionner sur la société.

Il est facile de reconnaître que ce n'est pas parce que l'on intervient dans notre communauté qu'automatiquement l'on devient un organisme communautaire, sinon le Centre de santé et des services sociaux de la MRC de Maskinongé, pour ne nommer qui celui-ci, serait donc un organisme communautaire lui aussi! Le Centre local de développement (CLD) aussi pourquoi pas!

Afin de bien situer le lecteur et la lectrice, il est important de savoir que, au début des années 1970, "plusieurs organismes communautaires, issus de ce qu'on appelait à l'époque les comités de citoyens (notez ici l'origine d'un des critères des organismes communautaires; la prise en charge par le milieu, en relation avec le nom comité de citoyens), ont commencé à expérimenter de nouvelles formes de pratiques sociales et de nouveaux modes de consommation de services. Après avoir eux-mêmes participé, quelques années plus tôt, à l'élaboration du modèle de providence étatique concrétisé par la réforme Castonguay, plusieurs d'entre eux en effet commencent à percevoir les effets pervers de ce mode d'intervention sociale jugé trop technocratique et éloigné du milieu. Ces organismes, tout en reconnaissant l'importance de maintenir un système public universel et accessible à tous et à toutes, proposent néanmoins de nouveaux modes d'intervention et des manières différentes d'agir sur la santé et le bien-être de la population, cherchant à résoudre eux-mêmes les problèmes plutôt que de s'en remettre uniquement à l'État."(1)

Ainsi, de fil en aiguille, d'émergence de nouvelles réalités sociales auxquelles se relient de nouveaux problèmes sociaux (crise économique, pauvreté, sous scolarisation, etc.), on voit apparaître petit à petit un alourdissement de ces problèmes sociaux auxquels l'État ne peut répondre adéquatement et par le fait même, de nouveaux organismes communautaires apparaissent et l'action communautaire autonome commence à mieux s'organiser (Regroupement de femmes, regroupement des maisons de jeunes en 1980, regroupement des ressources alternatives en santé mentale en 1983 et regroupement des cuisines collectives en 1990).


(1) R. Bélanger et Benoît Lévesque. Le mouvement populaire et communautaire : de la revendication au partenariat (1963-1992) dans Le Québec en jeu, sous la direction de Gérald Daigle avec la collaboration de Guy Rocher. Presses de l'Université de Montréal, 1992, p. 713 à 747.



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